Grégory Colbert est né en 1960 à Brantford, près de Toronto au Canada. En 1983, il s'installe à Paris où il y réalise des documentaires sur des thèmes sensibles comme le viol, le sida, les personnes en phase terminale. Et il débute dans la photographie. En 1992 - Colbert a 32 ans - le prestigieux musée de l'Elysée, à Lausanne, lui consacre une exposition, intitulée Timewaves, qui met en scène ses premières images d'éléphants, en Inde.
Colbert est aussitôt remarqué par quelques collectionneurs importants. Ce réseau de mécènes dans le monde entier lui permettra de se consacrer à son projet. «Grâce à eux, j'ai eu du temps pour mon travail», dit-il. Ses tirages valent plus de 350 000 dollars. Mais Grégory Colbert évite d'en parler. Ce qui compte avant tout, c'est sont projet : photographier et filmer des animaux, mais dans une perspective très éloignée d'avec la vie des bêtes ou des reportages National Geographic. "Il s'intéresse aux espèces qui peuplent notre imaginaire collectif, dit-il, qui font partie de la mythologie de l'humanité depuis les temps reculés: éléphants, baleines, ibis sacrés, aigles royaux, léopards, guépards, babouins, faucons, ou encore les chiens sauvages d'Afrique". Cet amour pour les animaux, et notamment pour les éléphants date peut-être de son enfance où Les pachydermes ont toujours peuplé son imagination. «Enfant, on me disait que j'étais un éléphant parce que j'avais les oreilles décollées», raconte-t-il. Il lui vient de la fréquentation des Indiens de la réserve des Six-Nations. «Ma baby-sitter était la fille du chef. J'étais fasciné par leurs bestiaires: les totems, la présence des animaux dans leur vie.».
Depuis 1992, ce Canadien de 46 ans photographie des animaux. Photographier des animaux n'est jamais aisé. Il faut de la ruse, une patience infinie. Mais Gregory Colbert ajoute un degré de difficulté: ses photos enregistrent l'interaction entre humains et animaux, à condition qu'elle soit heureuse.